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16.03.21

Fashion System avec Nathalie Rozborski

Interviews

Nathalie Rozborski, DG Déléguée NellyRodi, se prête à l’exercice de l’interview.

Nathalie, quel constat faites-vous avec vos équipes business & inspiration de l’environnement actuel dans lequel les marques évoluent ?

Je crois que la première chose à retenir, c’est que finalement cette crise n’a pas révélé de phénomènes réellement nouveaux. Le vrai sujet c’est l’accélération du tempo de la transformation, et par conséquent la capacité ou non des marques à répondre à ces enjeux. Les questions fondamentales sont connues : la digitalisation des modèles économiques, la prise en compte des enjeux RSE dans les comités stratégiques ou encore l’internationalisation des collections sont des sujets sur lesquels nous travaillons d’ailleurs depuis plus de 3 ans. Ce que cette crise met en lumière, c’est la capacité des entreprises à y répondre plus moins vite et avec plus ou moins d’adresse.

Depuis 5 ans chez NellyRodi, vous placez le consommateur au cœur de tous vos travaux. C’est votre « point de départ méthodologique ». Observez-vous des phénomènes nouveaux dans les comportements d’achats pendant cette crise inédite ?

Assurément ! Les motivations du désir de consommer ont changé. Tout le monde veut être DA, y compris en jogging et en baskets assis derrière son écran d’ordinateur en télétravail. Je crois que c’est ce phénomène qui est le plus amusant à observer. Avant, les stylistes, formés à ce métier, puisaient leurs inspirations dans les voyages, l’art, les salons, la culture au sens large. Aujourd’hui c’est un univers devenu plus accessible et plus universel aussi. On s’inspire aussi que ce soit par contraintes ou par envie, de la vie des autres, des vidéos Tik Tok ou des mèmes humoristiques sur instagram. C’est une inspiration plus pop, plus pixellisée, parfois plus communautaire aussi, qui invente avec elle des nouveaux référents culturels et sociétaux. Le process créatif devient plus libre et plus démocratique. Moins ancré dans des calendriers connus et pré définis par le système institutionnalisé. Plus guidé par l’époque, ses usages digitaux et l’écoute des nouvelles générations de créatifs et d’entrepreneurs.

Quel est l’impact majeur sur les marques et leur organisation ?

L’impact majeur c’est que le produit n’est qu’un maillon d’un éco système bien plus large qui rend les marques désirables. Le discours de la marque, ses valeurs, la qualité de son dialogue avec ses clients, les services proposés sont tous mis au même niveau d’exigence. Si bien que les marques ne peuvent plus penser d’un côté inspiration, produits, collection et de l’autre marketing, image, communication. Tout est imbriqué. Pour le plus grand bonheur des adeptes de collaborations et autres narrations créatives singulières.

Etes-vous positive quant à l’avenir du secteur mode ?

Je trouve surtout qu’il est très intéressant de suivre de près comment va évoluer le middle Market. Qui a été le segment le plus révolutionnaire de l’industrie mode ces 10 dernières années. Nous assistons à une polarisation extrême du marché. D’un côté le luxe & l’affordable luxury et de l’autre un nouveau mass market émergent très désirable, de plus en plus créatif et vertueux. Nous sommes donc très à l’écoute des nouveaux sujets des marques : connaissance pointue du client final, singularité du discours de la marque, capacité à intégrer le plan d’animation commercial international dans le plan de collection saisonnier, collaborations et signatures créatives. Nous sommes profondément ancrés dans la réalité opérationnelle de nos clients et nous sommes passionnés par ces mouvements. Je suis donc très positive et optimiste, oui !

(Etude (Re)Think Fashion 2020)

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