Lire

Nous contacter
30.03.26

TikTok Beauty Trends – Avril 2026

China Maxxing

Sur TikTok, le China Maxxing (contraction de « maximizing ») s’impose comme l’une des tendances les plus intrigantes du moment. Derrière cette appellation virale se dessine une fascination pour des modes de vie perçus comme plus équilibrés, plus ancrés et profondément holistiques. La plateforme voit émerger des gestes inspirés, parfois de manière idéalisée, du quotidien chinois : boire de l’eau chaude, adopter des routines issues de la médecine traditionnelle, pratiquer le qi gong ou cuisiner des plats comme le congee. Des habitudes simples, élevées au rang de rituels, qui privilégient une régulation douce du corps et de l’esprit plutôt que des solutions immédiates.

@mandanazarghami this will improve your gut health, skin health, and digestion🌱 #health #wellness #guthealth #hotwater ♬ house song – searows

Dans un contexte de fatigue généralisée et d’anxiété diffuse, cet engouement traduit un besoin croissant de ralentir et de réintroduire du sens dans le quotidien. Là où la médecine occidentale est souvent perçue comme réactive, intervenant une fois le déséquilibre installé, les approches issues de la tradition chinoise valorisent une logique préventive, attentive aux signaux faibles et à la recherche d’harmonie. Cette opposition, même simplifiée, renforce l’attrait pour une vision plus globale et moins fragmentée du soin.

Le mantra viral “I’m in a very Chinese time of my life” cristallise ce basculement : adopter ces pratiques devient à la fois un outil de mieux-être et un geste symbolique, presque transgressif, permettant de prendre ses distances avec un modèle occidental perçu comme épuisant et saturé dans ses réponses aux maux contemporains. Le China Maxxing participe ainsi à une forme de soft power diffus, où le lifestyle devient vecteur d’influence et de désirabilité, mais aussi d’un certain idéal de bien-être global.

Mais derrière cette appropriation se dessine une tension. Entre hommage, curiosité naïve et simplification, la tendance oscille. Comme souvent sur TikTok, la complexité culturelle, notamment celle de la médecine traditionnelle chinoise fondée sur des équilibres subtils entre énergie, alimentation et rythme de vie, est condensée en une série de codes facilement reproductibles, transformant un art du soin profondément systémique en une simple esthétique.

Ce qui ressort avant tout, c’est un besoin profond de ralentir, de réintroduire du rituel et de réhabiliter une forme de soin continu, presque invisible. Pour les marques, la tentation de surfer sur la vague est grande, mais le risque de caricature l’est tout autant. L’enjeu devient alors de proposer des expériences plus justes, plus durables et moins superficielles. En ce sens, le China Maxxing dépasse la simple tendance : il amorce un déplacement vers un récit plus patient, centré sur l’expérience et l’attention au corps comme pratique quotidienne.

 

Fragrantica Nostalgia Core

La nostalgie figure aujourd’hui parmi les moteurs les plus puissants des tendances parfum sur TikTok. Dans la continuité des esthétiques « -core », le nostalgia core consiste à romantiser le passé à travers des images, des textures et des souvenirs pour créer une connexion émotionnelle immédiate avec l’audience. L’univers du parfum s’y prête particulièrement bien : l’odeur est intimement liée à la mémoire et aux émotions, ce qui décuple naturellement l’impact de ces contenus.

C’est dans ce contexte qu’émerge le Fragrantica nostalgia core, une déclinaison où les créateurs utilisent le site Fragrantica comme outil de traduction sensorielle. Le principe est simple mais efficace : partir d’une image ou d’un souvenir (une chambre d’enfance, un été au bord de la mer), puis identifier les notes olfactives capables de le faire revivre. Grâce aux outils de recherche par notes et accords, ces souvenirs deviennent « cherchables », transformant une émotion abstraite en liste concrète de senteurs.

Ce qui rend cette tendance particulièrement virale, c’est son format narratif. Les créateurs ne décrivent plus des notes techniques : ils racontent des scènes. « Une journée enneigée sans école », « le dernier été avant l’université », « un après-midi à la plage ». Ces références tangibles et universelles facilitent la projection et l’engagement. Elles s’appuient aussi sur une sorte de grammaire olfactive intuitive, où certains souvenirs appellent presque naturellement des accords précis : le poudré pour l’enfance, le marin pour la plage, etc.

Pour les marques, l’enjeu est considérable. Elles ne sont plus les seules à définir le récit autour de leurs créations : les consommateurs s’approprient désormais les fragrances comme des supports de projection personnelle, privilégiant celles capables d’évoquer une mémoire ou une sensation précise. Ce glissement impose de passer d’un discours centré sur le prestige ou la séduction à un storytelling plus sensoriel, plus évocateur, plus personnel aussi. Les marques qui sauront habiter ces imaginaires, en proposant des univers olfactifs singuliers et émotionnellement résonnants, seront les mieux placées pour tirer parti de cette dynamique.

Me Vs. AI

Sur TikTok, une nouvelle tendance makeup émerge : le challenge « Me vs. AI ». Le concept est aussi simple qu’ambitieux : des créateurs beauté s’attaquent à des looks générés par intelligence artificielle pour tenter de les reproduire, voire de les surpasser, sur leur propre visage.

Les looks produits par l’IA sont souvent spectaculaires, presque irréels. Les recréer demande un niveau de maîtrise technique exceptionnel. Comptez souvent plusieurs heures de travail pour approcher le rendu d’une image générée en quelques secondes par un algorithme.

Des créatrices comme @painterka@michmoonmakeup ou @natashajanewood se sont prêtées au jeu avec des résultats bluffants, accumulant des millions de vues. Chaque vidéo devient une démonstration artistique à part entière.

@painterka Part 2 | pojedynek moich umiejętności ze sztuczną inteligencją 👊 kto wygrał tym razem? 🤖 daj znać! #aimakeup #makijaż #charakteryzacja #makeupart #metalicmakeup ♬ Kikay – Viva Hot Babes

C’est là que réside la vraie question que pose cette tendance : que vaut une image si personne ne l’a vraiment vécue ? L’intelligence artificielle peut générer un look parfait en un instant, mais elle ignore tout du geste hésitant, du pinceau repris trois fois, de la décision spontanée de changer une couleur en cours de route. Ce qui compte, au fond, ce n’est pas le résultat seul, c’est le processus créatif pour y parvenir, la sensibilité, le coup de main, la « patte » unique de chaque artiste. Deux maquilleurs qui partent du même visuel IA n’aboutissent jamais au même rendu, et c’est justement là que se crée la valeur : dans l’interprétation, l’adaptation et les choix faits en cours de route. Plus que le résultat final, c’est le chemin pour y parvenir qui devient intéressant à observer et à transmettre.

Le “Me vs. AI” met ainsi en lumière un enjeu clé pour les marques : l’IA ne remplace pas le geste, elle le transforme. Elle devient un point de départ, une source d’inspiration que chacun peut s’approprier selon son niveau, ses outils ou son style. L’enjeu n’est donc pas uniquement de savoir s’il faut utiliser l’IA ou non, mais comment accompagner les consommateurs pour se l’approprier facilement, sans intimidation.

Pour l’industrie de la beauté, cela ouvre des pistes très concrètes : proposer des looks générés par IA tout en fournissant les clés pour les recréer (tutoriels, décryptage étape par étape, choix de produits, etc.). L’opportunité est de passer d’une logique de “résultat spectaculaire” à une logique d’expérience guidée, où la marque aide chacun·e à interpréter le look à sa manière.

Dans cette approche, l’IA devient un levier d’engagement et de pédagogie, au service d’une beauté plus participative et personnalisée.

Plus d'actualités

Réconcilier création et responsabilité

En tant que B Corp, NellyRodi fait partie d'une communauté mondiale d'entreprises qui respecte des normes sociales et environnementales élevées.